Prothèse amovible complète sur boutons-pression
Cette Fiche Pratique est faite pour vous aider à réaliser une prothèse amovible complète retenue par deux implants dentaires recouverts par des attaches axiales type « boutons-pression »
Fiche pratique réactualisée mars 2025
Vous pourrez aussi consulter les Fiches Pratiques suivantes :
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Description
Les composants du système de rétention d’une prothèse amovible par boutons-pression correspondant aux implants TSVou TSX (Société ZimVie) sont en général :
– une partie mâle vissée sur l’implant, disponible en différentes hauteurs
– une partie femelle composée d’un boîtier métallique incorporé dans l’intrados de la prothèse et d’un anneau élastique (interchangeable) clippé dans le boîtier

système Locator : partie mâle et femelle (voir fiche pratique spécifique « Locator« )
Principe de la connexion de la prothèse sur les boutons pression
La prothèse mandibulaire doit répondre aux critères d’une prothèse traditionnelle (courbes de compensation, occlusion balancée, surface d’appui étendue etc…).
Si ce n’est pas le cas, une nouvelle prothèse doit être réalisée. Il ne faut pas penser en effet que l’apport des implants permettra de compenser tous les problèmes générés par une prothèse inadaptée.
La pose des implants est effectuée à l’aide d’un guide chirurgical, dupliqué à partir de la prothèse, pour permettre de placer correctement ces implants par rapport au couloir prothétique
Une phase d’attente de deux à trois mois permet d’obtenir l’ostéo-intégration des implants.
La connexion peut alors être effectuée. Cette connexion consiste à solidariser les parties femelles du système d’attache à la prothèse.
Un rebasage de la prothèse est souvent nécessaire. En effet, une décharge importante a été ménagée au niveau antérieur et des retouches assez nombreuses ont pu être faites pendant la phase d’attente du fait de douleurs générées par l’instabilité de la prothèse.
Protocoles cliniques
La connexion peut s’effectuer :
- en bouche (technique directe) ; elle suppose que le rebasage a été fait dans un premier temps
- au laboratoire (technique indirecte) ; dans ce cas, le rebasage est effectué en même temps que la connexion.
1/ Méthode directe : connexion en bouche
Les parties mâles des bouton-pressions sont d’abord recouvertes par une digue (par exemple : une pièce de 2 x 1 cm de gant d’examen en latex), puis par un anneau compressible tel qu’un morceau de tuyau d’irrigation externe de 1,5 mm d’épaisseur (qui peut vous être fourni)
Il n’y a ainsi aucun risque de fusée de la résine de connexion dans des zones de contre-dépouille.
Les boîtiers femelles sont préalablement équipés de leur anneau de rétention (soit en nylon transparent assez rigide, soit en plastique jaune plus souple mis en place provisoirement pour diminuer la rétention et faciliter les manipulations) à l’aide d’un impacteur spécifique (ref : CAI)
- impacteur CAI et anneau en nylon transparent
- anneau jaune souple (ref : CAT) et nylon transparent (ref : CAN)
Ces boitiers sont positionnés sur les parties mâles, lesquelles ont été légèrement vaselinées de façon à faciliter le retrait de la prothèse après polymérisation
La prothèse est bien évidée en regard de ces boîtiers pour qu’il n’y ait pas d’appui de l’intrados à leur niveau quand elle est en place. Faire une vérification d’interférence avec un silicone fluide.
En effet, un appui prématuré pourrait induire après la connexion un mouvement de bascule exagéré autour d’une ligne passant par les deux implants. Dans ce cas la connexion devrait être refaite.
Le versant lingual de la prothèse est perforé en regard des attaches afin de permettre une évacuation de la résine lors de la mise en place de la prothèse et d’éviter une sur-épaisseur et donc une surcharge au niveau des implants
Les logements aménagés au niveau de l’intrados sont enduits de résine auto polymérisable à l’état liquide (par exemple Unifast de GC), de couleur blanche, pour permettre une visualisation des futurs excès
La prothèse est placée en bouche sous forte pression digitale ou occlusale contrôlée, jusqu’à polymérisation complète de la résine (5 à 10 mn).
Son retrait après polymérisation est parfois difficile et demande alors un mouvement de désinsertion verticale appliquée latéralement sur le bord de la prothèse au niveau de l’une puis de l’autre attache (il ne s’agit pas d’essayer de retirer la prothèse en appliquant une poussée à son milieu).
Après retrait, les excès facilement visibles du fait de la couleur blanche de la résine sont éliminés
Une éviction périphérique de la résine d’environ 2 mm est ménagée autour de chaque boîtier pour éviter une compression de la résine sur la gencive péri-implantaire laquelle risquerait d’être irritée et inflammée
En cas de trop forte rétention de la prothèse, les anneaux rétentifs peuvent être légèrement alésés à l’aide d’un instrument spécifique ou d’une fraise boule diamantée pour le système BAC.
La connexion directe est parfois assez délicate à effectuer en bouche avec le système BAC. Elle est particulièrement difficile dans les trois situations suivantes :
- les implants sont trop divergents (les boitiers, bien que positionnés parallèlement sur les boules, se mettent de travers à l’insertion de la prothèse)
- l’environnement buccal est trop diffcile (hypersalivation, mouvements musculaires incontrôlables)
- les implants sont décallés du couloir prothétique pour des raisons anatomiques et leur connection en bouche nécessite un réaménagement du pan lingual de la prothèse
Dans ces trois cas, la connexion se fera préférentiellement au laboratoire (connexion « indirecte ») :
2/ Méthode indirecte : connexion au laboratoire
Outre la résolution des problèmes posés par les 3 situations précédemment évoquées, la connexion au laboratoire peut simplifier le travail au fauteuil si un rebasage de la prothèse est nécessaire en plus de la connexion.
Elle offre par ailleurs le grand avantage d’être beaucoup plus rapide pour le praticien.
La prothèse est évidée de façon uniforme au niveau de son intrados et enduite d’une pâte à empreinte type Permlastic® de Kerr ou Impregum® de ESPE (en tous cas une pâte à empreinte souple).
Les parties mâles étant en place, elle est replacée en bouche sous pression digitale ou occlusale puis désinserrée après la prise de la pâte à empreinte.
Les répliques des parties mâles (ref BAR) sont alors positionnées dans cette empreinte et la connexion ainsi que le rebasage sont effectués au laboratoire
Vous pouvez aussi positionner des transferts sur les boutons-pression mais souvent cette alternative nécessité de percer la prothèse pour pouvoir l’inserrer sur ces transferts assez encombrants en hauteur.
3/ Réalisation d’une nouvelle prothèse à partir de deux implants déjà en place
Il peut arriver que la réalisation d’une nouvelle prothèse soit envisagée alors que des boutons-pression supra-implantaires sont déjà en place.
Deux protocoles distincts peuvent être envisagés en fin de traitement :
3-1/ Polymérisation au laboratoire et connexion en bouche
Si vous êtes un adepte de la connexion en bouche.
Pour préparer la future connexion directement en bouche, il est intéressant, lors de l’empreinte secondaire, de placer les boîtiers (munis de leurs intermédiaires souple de couleur jaune) sur les parties mâles, de sorte que l’empreinte enregistre d’emblée le volume réel de l’attache (partie mâle + partie femelle).
Le prothésiste pourra ainsi construire sa prothèse sur un maître modèle avec deux plots en plâtre correspondant au volume de l’attache globale (il est donc important de lui donner l’empreinte en ayant pris soin de retirer le boitier afin que le plâtre coule dans les logements de l’empreinte, garantissant ainsi la solidité de ces plots).
Cette démarche a pour avantage pour votre connexion en bouche que le laboratoire ait pu visualiser parfaitement le volume de l’attache complète (partie mâle + partie femelle) et de ménager la place nécessaire dans la prothèse pour votre connexion, ce qui vous permettra de faire cette connexion sans avoir à évider de façon fastidieuse l’intrados de la prothèse.
Autre alternative dans la même démarche de donner au labo l’information sur le volume réel de l’attache globale :
Vous pouvez avant votre empreinte placer des transferts de boutons-pression (réf BAT) sur les boules et incorporer dans l’empreinte polymérisée des analogue de bouton-pression (réf BAR) afin que le laboratoire puisse placer sur son modèle de travail très précisément les boîtiers sur ces analogues et visualiser ainsi parfaitement le volume final de l’attache globale : le montage des dents et la finition de la résine sont ainsi réalisés sans qu’il y ait de risque d’interférences avec les boîtiers que vous placerez en bouche le jour de la connexion directe.
La connexion se fait après une quinzaine de jours de port de la prothèse afin qu’elle soit bien en place sur son appui ostéo-muqueux (des retouches auront pu être faites pendant cette période de mise en palce sans que la prothèse soit retenue par les implants).
Le protocole est alors identique à celui de la technique directe précédemment décrite dans le premier chapitre
3-2/ Polymérisation et connexion au laboratoire
Il est dans ce cas absolument nécessaire, au moment de l’empreinte secondaire, de reproduire la position des boutons-pressions pour le maître modèle.
L’empreinte est réalisée avec un matériau souple type Permlastic® de Kerr ou Impregum® de ESPE.
Il faut utiliser des transferts spécifiques (ref : BAT) qui sont positionnés en bouche pour la prise d’empreinte. Le porte empreinte individuel doit être spécialement aménagé par le laboratoire pour être placé sans interférences sur les transferts.
Les répliques des parties mâles (ref BAR) sont alors clippées dans les transferts. Le maître modèle est alors coulé pour la phase prothétique au laboratoire : polymérisation de la prothèse et connexion des boitiers.
Références des pièces du catalogue :
- (Société ZimVie tel: 01 45 12 35 37) – Hot Line de Zimmer 01 45 12 35 60
- Tournevis HX 1,25 (utilisable pour pratiquement tous les travaux prothétiques) ce tournevis existe aussi en version longue ref : HXL 1,25
- Kit complet de bouton-pression ref BAC comprenant la partie mâle, le boîtier et l’anneau de rétention (hauteur et diamètre à préciser en fonction du diamètre de l’implant et de l’épaisseur de gencive)
- Boîtier femelle seul : CAH
- Intermédiaire nylon : CAN Cet anneau est proposé en deux versions : transparente (dureté normale) ou grise (dureté augmentée)
- Intermédiaire jaune très souple ref CAT : à clipper dans le boitier pour simplifier vos manipulations lors de la connexion : la rétention est en effet très légère avec cet anneau
- Analogue de bouton-pression : BAR
- Transfert de bouton-pression : BAT
- Impacteur d’intermédiaire nylon (prendre la partie large du tube métallique qui est réversible) et Alésoir (proposés actuellement en un lot global) ref CAI
Il existe par ailleurs d’autres références dans le catalogue qui permettent des variantes aux techniques évoquées dans cette fiche pratique (renseignements sur ces pièces auprès de ZimVie)
Si vous avez des questions n’hésitez pas à nous appeler au 03 88 23 15 15 ou à contacter Marie Mingaud représentante ZimVie au 06 31 78 66 07


















